6 octobre 2024, le spéléo club GASOIL (Groupement associatif de spéléologues d’Orgnac Issirac Labastide) avec Elow et Shan qui découvrent un aven sur la rive droite des Gorges de l’Ardèche. Une nouvelle cavité en perspective ??? Crédits photos : ©GASOIL et Legrand Nicolas. Vous pouvez joindre le club sur Whatsapps ou à partir du site internet du club sur Orgnac l’aven 07150.
Un joli petit aven moussu qui ne demande qu’à se faire visiter. Le 16 novembre 2024 ils y retournent et en bas du puits d’une dizaine de mètres, un pierrier amène à un passage très étroit. Evidemment les choses ne sont jamais aussi simples… Il va falloir, pour suivre le courant d’air, ouvrir le passage, car à peine plus grand que la plus fine des deux : à savoir Eloïse avec ses 44 kilos habillée en combinaison, contre Shaan et ses 90 kilos pour 1,88 m.
Le 8 décembre Eloïse passe l’étroite étroiture et elle découvre après un conduit, un départ de puits. Un caillou est jeté dans le vide pour estimer la hauteur… A priori il y a entre 10 et 15 mètres. En fait il s’avérera que le puits fait 17 mètres. Et bien voilà pour le club un nouveau chantier de désobstruction qui s’annonce.
Le 15 décembre Elow descend le puits de 17 m (P17). Une magnifique salle en enfilade extrêmement concrétionnée s’ouvre devant elle. Malheureusement comme souvent dans les trous d’Ardèche et du Gard, le gaz carbonique (CO2) est extrêmement présent ce qui rend l’exploration difficile voire impossible et dangereuse. Le 16 décembre cette fois l’équipe se compose de Stéphane Guillard (guide spéléo tout comme Elow sur Vallon Pont d’arc, situé non loin de la Grotte Chauvet). Les garçons s’afférent à élargir l’étroiture afin de pouvoir eux aussi partir explorer ce nouvel Aven. L’excitation est à son comble ! Elargissement à l’explosif par un ami CPT (certifié préposé au tir). Efficace technique que tout bon spéléo qui se respecte, utilise pour avancer.


Le 20/12 le passage est enfin de taille pour tout le monde et l’exploration peut commencer. Les salles sont vraiment très belles et il est difficile d’exprimer la sensation ressentie lorsque nous posons le pied et même les pieds, dans une nouvelle grotte en Ardèche. C’est méditatif. L’esprit pensant se calme profondément et une sorte d’osmose, un flow s’installe. S’il n’y avait pas ce satané CO2 ce serait tellement confortable. Il est décidé d’arrêter pour le moment les explorations pour revenir avec un appareil de mesure du gaz carbonique. Car un taux trop élevé, au-delà de provoquer une migraine, il est possible de perdre connaissance et la vie…
Le 23 décembre la mesure est de 5 % (comas à partir de 7/8 % et décès entre 8 et 10 %. Donc ils s’en tireront avec un super mail de crâne, mais après avoir établi la topographie (mesure et croquis de la grotte ardéchoise) ils remontent avec ce que l’on appelle, un arrêt sur rien. Ce qui veut dire que ça continue mais sans savoir où et comment ça continue.

La fine équipe avec Elow au milieu à gauche (sans la barbe). Le groupe se donne rendez-vous en 2025… Les fêtes de Noël vont être très/trop longues… Un casse-croûte sous terre vaut tous les repas de fête.
Il faut que l’équipe se résigne à devoir mettre en place une véritable structure de ventilation pour espérer explorer en toute quiétude le Trouloulou. RDV donc le 22 et 23 février pour la mise en place
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Une importante structure est donc installée pour mettre la cavité sous pression afin d’évacuer le gaz carbonique. En fait il faut savoir que le CO2 est naturellement présent dans les grottes en Ardèche et depuis que la spéléologie se pratique on retrouve des témoignages d’explorations qui indiquent des taux importants et souvent irrespirables. Dans la Grotte Aven Forestière en Ardèche les puits qui s’enchaînent amènent 150 mètres plus bas sur un bouchon d’argile et la présence de CO2 est si importante que la plupart des explorations ont été suspendues à l’époque. Seule la partie aménagée qui accueil le public n’a pas ce souci et pour le peu de gaz carbonique une ventilation est en place pour le confort des visiteurs. En fait un grand nombre de grottes aménagées en Ardèche, qui accueille du public, n’ont d’autre choix que de ventiler.
Après plusieurs heures de ventilation, ça y est, il est possible de descendre explorer et les découvertes vont s’enchaîner entre escalade et étroitures qui mènent les unes et les autres à différentes salles magnifiquement concrétionnées. Je vous laisse au plaisir des yeux avec les photos qui suivent.
La suite des explications de l’exploration, bientôt sur le blog de la Grotte Aven Forestière en Ardèche. Avec la découverte par le club du GASOIL d’un puits de dimension 6×8 m et qui d’après un bloc jeté du haut, indique un puits de plus de 40 mètres de hauteur… Avant de jeter un gros morceau de roche, nous testons avec de petits cailloux pour ne rien abîmer en bas. Car c’est sûr que si au sol se trouvent de splendides gours de calcite, il ne restera plus grand-chose à contempler une fois descendu.
Dans tous les cas pour le moment, le CO2 empêche l’équipement du puits, car après seulement deux mètres sur corde, le gaz carbonique augmente d’un seul coup à plus de 4,5 % et si quelqu’un descend en rappel et se retrouve dans une nappe importante, il n’aura même pas le temps de faire une conversion de son matériel pour remonter… Pour bien entendre le son du bloc qui tombe, n’hésitez pas à mettre du son…
Ce puits va savoir se faire désirer puisque la prochaine exploration se déroulera en février 2025 avec une importante remise en place de matériel de ventilation, de trois groupes électrogènes et des spéléos qui dorment sur place pour alimenter en essence, afin de continuer à faire descendre le taux de gaz. Le CDS (Comité départemental de spéléologie de l’Ardèche) nous a prêté pas loin de 200 mètres de janolène (gaine) pour déconfiner le puits par aspiration…
À très bientôt…
Alors nous y voilà, le mois de janvier 2026 pluvieux accueil l’équipe tentes et groupes électrogènes (seulement trois) avec des réveils de nuit pour remettre de l’essence… Tout cela pour alimenter le système de ventilation et mettre la grotte sous pression afin de vider le gaz carbonique qui empêche de progresser sous terre. Nous revoilà donc en haut de ce puits et le gaz est enfin partie en vacances. Shan et Raph vont équiper le puits avec quatre fractionnements et une déviation contre une paroi couverte de 10 cm d’argile solidoliquidedemerde. Une véritable galère avec une corde qui file à toute vitesse dans le descendeur et je ne parle pas de la remontée avec les bloqueurs qui redescendent contre le croll… Mmmmh que du bonheur. En bas du puits…